Microsoft dégaine son IA pour accélérer le développement des jeux

Le futur du jeu vidéo, ou son fossoyeur

Microsoft dégaine son IA pour accélérer le développement des jeux

Il y a le Microsoft de la Xbox, et il y a le Microsoft de l'IA générative. Ces deux mondes devaient bien finir par se rencontrer un jour ou l'autre, et on y est, pour le meilleur comme pour le pire. L'éditeur a levé le voile sur Muse, un modèle IA qui peut générer des visuels de jeu et des actions en jeu en s'appuyant sur des données réelles de gameplay. Autrement dit, il regarde comment un humain joue et génère de nouveaux mouvements en s'appuyant sur ces données.

En l'occurrence, Microsoft Research s'est rapproché du studio Minja Theory pour s'entraîner sur des parties de son shoot multi en arène, Bleeding Edge. Microsoft a aussi interrogé 27 créateurs de jeux, chez des indés comme des studios AAA, histoire de s'assurer du bien fondé de ces travaux.

Bon, j'en vois qui décrochent ou qui ont sorti leurs fourches. Donnez moi une petite chance d'expliquer le truc ! Muse se base sur le World and Human Action Model (WHAM, rien à voir avec George Michael), un autre modèle IA développé par Microsoft Research qui a été conçu pour comprendre et générer des dynamiques de jeu vidéo. Autrement dit, lui aussi peut générer des visuels et des actions en jeu ; Muse n'est rien d'autre qu'un modèle plus avancé.

Muse peut donner un coup de main aux développeurs dans plusieurs domaines, à commencer par le prototypage d'un jeu. Un processus long et fastidieux qui peut être jeté à la poubelle si le prototype ne séduit pas. De fait, le modèle IA peut servir à explorer des idées nouvelles et tester des séquences avant de les finaliser. Muse peut tester les niveaux pas finis pour identifier les problèmes éventuels.

Dans le même ordre d'idée, Muse peut analyser la manière dont un joueur réagit et suggérer aux développeurs des ajustements pour améliorer l'ergonomie des commandes, donner un coup de main au contrôle qualité, mais aussi simuler des PNJ plus crédibles (Nvidia est déjà sur le coup), générer des séquences animées basées sur des images statiques…

Une autre utilisation inattendue de Muse est la préservation et la modernisation des jeux anciens qui ne tournent plus sur le matos actuel. Le modèle est en mesure d'optimiser ces jeux pour qu'ils fonctionnent sur n'importe quel appareil. On peut reprocher pas mal de choses à Xbox, mais il faut reconnaitre que sur le plan de la préservation des jeux, il y a beaucoup de boulot qui est fait. Après, est-ce que l'IA est vraiment qualifiée pour recréer des jeux rétro et boucher les trous pour les adapter aux consoles et PC d'aujourd'hui ?

Muse se présente en tout cas comme une boîte à outils dans laquelle les développeurs pourront piocher en fonction de leurs besoins. Prudent, Microsoft assure qu'il y a de la place « à la fois pour le développement traditionnel de jeux et pour les futures technologies d’IA générative ». Xbox donne à ses studios le « pouvoir de décider » de l'utilisation de l'IA générative.

Néanmoins, avec les budgets qui explosent et des temps de développement toujours plus longs, ce genre de modèle IA a toutes les chances de s'imposer puisqu'il permet d'accélérer la conception des jeux — reste à savoir si cela sera fait au détriment des effectifs, ce qui est malheureusement à prévoir.